CADAVRES
à M.Jorge
Je pense souvent à toi
Qui a fait tant de choix
Mais pas ceux du roi
A qui rien tu ne dois
Des choix pour ton ego
Mais pas pour tes égaux
Certaine que ton bateau
T’emmènerait vers d’autres idéaux
Des idéaux plutôt bien bas
Mais ça, tu ne le savais pas
A chercher la clé de fa
On en oublie l’indispensable La
Indispensable d’entretenir
Les bribes fragiles de devenir
Collectées parmi tant de souvenirs
Ravivés au seins de moribonds désirs
Des désirs qui s’asphyxient
Qui se questionnent ébaubis
S’ils peuvent émigrer d’ici
De savoir vers quelle autre galaxie
Vers la Galaxie finale
Cette solution paradoxale
De la vieillesse irréversible
D’une incompressible solitude
Ta Solitude peut être solitaire
Qu’il te faut taire où tu te terres
Dans ton prétentieux silence
Dans ton arrogante indifférence
Cette hautaine Indifférence en étendard
Brandie toute ta vie car
D’amour point tu n’as su donner
Point aussi tu n’as su garder
Ni su garder, ni su voir le mal, la peine
Que tu provoquais sereine
malgré toi presque sans t’en douter
Tant par ton ego étais préoccupée
Préoccupée…
Comprendras tu avant que d’autres tu ne blesses
Avant d’atteindre l’autre bord et t’illusionner de nouvelles richesses
Comprendras tu toutes les anciennes richesses humaines qui t’entouraient
Mais qu’ avec le temps tu as snobées, massacrées, piétinées, décharnées…
Snobées, massacrées, piétinées, décharnées …
Je pense souvent à toi
Je sais que tu ne veux plus penser à moi
Qu’importe… Ce reniement n’est pas le premier
Jamais une constance n’as su garder.
Envoi :
Puisse la vie avant la mort, la mienne, la tienne, te révéler.
ALBERT LABBOUZ
AVRIL 2003 Désespoir production tiré du reucueil de textes et poèmes L’inhumaine en mémoire de M. Jorge