Chantier cherche public (1988)
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Tract diffusé pendant le festival Off 89
- Comédiens : Laurent Igout, Albert Labbouz.
- Cette pièce s'est jouée 78 fois d'Avril 88 à Juillet 91.
UN PEU DE SÉRIEUX DANS LE COMIQUE N'A JAMAIS FAIT DE MAL A PERSONNE.
CHANTIER CHERCHE PUBLIC est une pièce drôle! Cela ne signifie pas que ce soit une
pièce légère.
De prime abord, le rire naît de la rencontre de deux personnages, différents d'emblée.
Un Grand Maigre et un Petit Gros! Et cela renvoie à une imagerie collective puisée dans
l'enfance. Laurel et Hardy, Don Quichotte et Sancho Pança, le clown Blanc et l'Auguste.
Les duettistes sont donc de retour avec leurs éternelles quetions. Qui domine l'autre?
Qui fait mle plus rire? Qui est capable de faire rire? Et pourquoi rit-on (laveur bien
entendu!)
Car au delà de leur affrontement Albert et Marcel, les deux protagonistes posent
certaines questions que le théâtre classique et même contemporain n'ont pas résolu
depuis des lustres (et même des lampes à pétrole!) Albert et Marcel ne prétendent pas
non plus les résoudre, mais du moins, les proposent-ils à la réflexion du public, les
dérangeant, un peu, dans leur passivité de spectateur. Ces éternelles questions,
quellles sont-elles?
Quand joue-t-on? Dans la vie ou sur la scène? Qu'est qu'une scène? Sommes nous
éternellement en représentation, et pour qui? Et pourquoi? Qui est IN? Qui est OFF? Le
spectateur joue-t-il son rôle? A l'image du comédien, a-t-il le droit à l'impro? Au
trou de mémoire?
Albert et Marcel répètent une pièce qui leur échappe, qu'ils ne joueront peut-être
jamais. Mais, par ce faire ( à repasser), ils se sentent rivaux (Oui! Ma... Ma... rivaux!
Elle est bonne!) et par le truchement du théâtre vont chacun essayer de tirer la
couverture à soi.
En nous faisant naviguer des comédiens en répétitions, jusqu'à la parodie de l'acteur
shakespearien, en passant par deux vieillards séniles, ou encore deux gosses qui
s'arrachent un trophée imaginaire, deux pieds-noirs qui ergotent, deux mimes d'écoles
différentes, ainsi que deux Pac-Man de jeux vidéos, Albert et Marcel nous proposent un
échantillonage des rapports
humains que tout un chacun expérimente au quotidien, sans pour autant se poser la
question du JEU. Mais nous sommes au théâtre. Et tout le mondeest partie prenante de
leurs JE.
Albert et Marcel nous tendent un miroir et tant pis, si nous ne nous trouvons pas si
parfaits que çi
(J'en ai fini d'être sérieux. Vous pouvez rire entre vous!!!!!)
L'auteur. (1 mètre soixante huit, environ)

SYNOPSIS POUR DOSSIER DE PRESSE.
L'un c'est Marcel, le p'tit gros, les pieds trop sur terre; un déçu, un hargneux qui
ne croit plus à ses rêves, une sorte d'architecte.
L'autre c'est Albert, le grand sec, un rien lumaire, un intellectuel sur le retour.
Presqu'un poéte.
Ils ont tout à construire, sans trop savoir ce qu'ils construisent.
" Tout doit être fini pour demain" leur a dit une voix patronale.
Gestes mécaniques, répétitifs, dérisoires, où le jeu n'a pas sa place,
l'intellectualisme non plus! Descartes et son manuel le savent bien.
Il y avait Laurel et Hardy, Pills et Tabet, Poiret et Serrault, le Clown Blanc et
l'Auguste, César et Rosalie, Roméo et Ju'Iliette, Duke et Lington, et dans cet entrepôt
hors du temps, il y a Marcel et Albert qui cherchent à occupper leur temps. Ils n'ont pas
le choix sinon celui de rivaliser, de se confronter, de se rabaisser mutuellement. Pour
savoir qui était là avant l'autre, pour conquérir un inutile pouvoir, ils ne pourront
pas faire autrement que de s'affronter pour un trophée dérisoire une malle qui ne
ressemble à rien.
Marcel aura la gloire. La gloire? C'est un désir qu'il a enfouit au plus profond de sa
hargne et qu'il nomme théâtre.
Albert, lui a toujours voulu partir. Ailleurs... AIe ... Aie ... AIe ...
Mais il n'a jamais su. Il n'a jamais pu. Tout ça, parcequ'il n'a pas de salopette
blanche!
Comme il n'ont pas de juge-arbitre, ils ne pourront pas faire autrement que de prendre
le public à témoin.
LA MALLE REVIENDRA A QUI JOUERA LE MIEUX!
Pauvre public coupable de ses propres réactions!
Le clown et le pseudo comédien disputeront ce challenge.
Pour eux, il y va de leur vie ( au moins!), en tout cas de leur raison.
Et si Albert ne pense quà gagner pour gagner, en trichant s'il le faut: pitreries
obligent, jongleries à la clé, Marcel, lui, basculera de l'autre coté de son rêve,
vers sa folie, vers son double.
Quand tout sera fini, organisé, planifié, quand on les rappellera à l'ordre, ils ne
pourront que se rendre à l'évidence, en disparaissant comme par enchantement ... Ce ne
sont que deux personnages.
Pendant près d'une heure trente, ils ont tout déblayé sur leur passage, ne laissant
sur leurs traces que leurs rêves et le plaisir du spectateur puisque malgré lui, il est
partie prenante de leur JEU.
LE SPECTATEUR quittera ce chantier, un peu ivre, comme après une descente d'un voilier
dans la tempête. Il aura naviguer de l'émotion aux rires, de l'absurde à la réflexion,
du vomi au caca, des jeux de gosses aux jeux de guerre, du sport au cirque.
Finalement, le public peut faire sienne cette réplique de MARCEL:
C'est la première fois que je me parle à moi même en étant deux!'


© Photos Ramon R. Senera
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