Albert Labbouz
 
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poésie - slam

 10 mars 94
 A croire les hommes
 Survivante
Recueil "L'inhumaine":
 Dans la ville blanche
 L'inhumaine
 Cadavres

L’inhumaine

Pour M.Jorge

J’ai voulu écrire un roman
Dont tu serais l’héroïne
La muse intemporelle féline
Personnage étrange et envoûtant

J’ai voulu raconter notre liaison
Banale, Passionnée, tumultueuse
Nos ébats, tes débats, mes déraisons
Montrer toute la complexité de notre nébuleuse

Loin des clichés, du rabaché, du vaudeville
Tu étais digne d’un nouveau style
D’une écriture phénoménale
J’entamais donc la création abyssale

Ils n’avaient qu’à bien se tenir, les Cohen
Djian, Dan Brown, Sollers Houellebecq 
le simulacre d’écrivain Marc Lévy et les écrivaines
Mon roman leur clouerai le bec

Longtemps devant cet idiot de Word
Un peu groggi j’ai rêvassé comme à rebours
Les chapitres de notre  irrationnel parcours
Pour mettre en forme nos passionnelles discordes

J’ai timidement tapouillé un soir d’été
Lors d’un orage plutôt raté
Un premier chapitre que je pensais génial
Mais qui s’est bouclé comme une escale

Au fil des mots vaguement hallucinés
En te couchant sur le papier
A défaut d’être dans mon lit
Tu t’es subitement affadie

Aucun relief n’a émergé de la création
Tu n’avais été qu’étrangère à ma passion
Je ne pouvais même pas imaginer
Que tu avais été ma dulcinée

Je cherchais un titre sans haine
Qui t’éloignerait des femmes reines
Et résumerait cette passion vaine
J’ai trouvé : tu serais l’inhumaine

C’était un bon titre pour le Goncourt
Même si je le trouvais un peu gourd
Mais je séchais, j’étais à court
En repensant à ce pseudo amour

Toutes ces foutues années
Avaient en fait servi à quoi ?
Plus d’une fois, j’avais failli canner
Pour une meuf dont je n’avais jamais été le roi

Je n’ai pu pondre qu’un demi-feuillet
De maigres phrases effeuillées
Qui finalement démontrait bien
Que notre histoire ne valait rien

Tu ne valais pas un roman
Ni une nouvelle, ni un Koân
L’art mineur est amplement suffisant
Pour toutes celles qui ont le cœur béant.

Albert Labbouz Desespoir productions septembre 2006

 




 
 
     
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