Salle des Maîtres (1996)

SYNOPSIS
C'est la vie d'une école en banlieue parisienne pendant une année. Mais vu au travers
de ce qui se passe dans la salle des maîtres. On n'y voit jamais les enfants.
Des moments clés sont choisis. Rentrée. Premier jour. Matinée.
Moment de la récréation du matin. Conseil d'école.
On y voit les gens qui travaillent dans cette école. Seuls, en duo, tous ensemble. Ils
parlent de tout et de rien, s'emballent, se draguent, se critiquent. Se haïssent.
S'ignorent.
Moments drôles. Moments tristes. Moments émouvants. Réalistes.
Symboliques. Stylisés.
On tâchera de mettre en évidence, non pas la tâche éducative qui est inhérente à
leur fonction, mais ce qu'il peut transparaître de leur vie privée qu'ils cachent ou
divulguent, qu'ils enrubannent ou déforment. On découvrira des êtres souvent mal dans
leur peau, plus près des vies ratées que des réussites aveuglantes.
L'histoire:
Luc, instituteur remplaçant est nommé sur un poste qu'il ne désire pas occuper.
L'année précédente une jeune institutrice avait eu le mauvais goût de se suicider dans
l'école. Au long d'une année scolaire, il fréquentera les collègues de cette
malheureuse institutrice. Pourquoi ce geste? Chaque instite ne détient-il pas une part de
l'explication à ce geste? Dans la salle des maitres entre deux leçons pourra-t-il
comprendre les félures de cette "vieille famille" d'instites? Lui qui ne se
sent pas instite comme
les autres, parviendra-t-il à s'intégrer ou choisira-t-il une autre solution? Toute
ressemblance avec des instituteurs enseignant ou ayant enseigné ne serait pas si fortuite
que ça. La compagnie Acidulé Zeste fidèle à ses aspirations de créations originales
aborde un sujet délicat: l'Education Nationale et les gens qui la composent. L'école
primaire le serait-elle à ce point?
On tentera de mettre en forme une idée générale, un fil conducteur, orchestrée par
un personnage révélateur sorte d'ange à la " théorème": un remplaçant
coincé sur un poste à la suite du suicide d'une institutrice l'année précédente.
Suicide qui renvoie bien évidemment à des interrogations sur notre propre existence,
mais sur le choix fondamental de sa propre vie sociale ( choix le plus souvent
involontaire.) La dernière scène de la pièce pourra mettre en évidence les véritables
liens entre l'instituteur remplaçant et l'institutrice morte, et du même coup les
motivations de l'instituteur à "faire parler" les témoins du drame. Ce lien
révélé à la fin constitue un coup de théâtre au sens premier du terme. Il clôt la
pièce de manière crescendo et quasi surréaliste. On pense à Agatha Christie, mais
aussi à Molière qui savait traiter le travers de ses contemporains et les dernier acte (
Tartuffe, L'Avare, Don Juan) ne sont guère de tout repos. Il devrait laisser le
spectateur abasourdi.
ALBERT LABBOUZ

© Photos : Mairie de Drancy
Comèdiens :
- Jean-Louis Degroise
- Anne Chantereau
- Karim Kouchy
- Jean-Marc Scasso
- Marianne Hadjedj
- Parcal Guenguant
- Philippe Gay
- Christine Godet
Comédiens ne figurant pas sur les photos : Christine Pirot, Frederic Guitté,
Jean-Marc Scasso.

Magali Griveau dans le rôle de Muriel, la dame de service.
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