Albert Labbouz
 
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les émotions de Patricia

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Patricia L. m'a envoyé ceci. Avec son accord, je vous le livre. L'émotion est encore intacte. Du fond de sa provence,elle nous livre brut de pomme, ce qu'elle a ressenti, ce qui lui est venu après nous avoir retrouvés. C'est chaud, ça fait du bien, ça créé des liens... A.L


……….Janvier 2002

« Maman, il y a eu un appel pour toi, un certain Bernard S… J’sais pas qui c’est.
Tiens, j’ai noté son numéro. Il a demandé que tu le rappelles…… »

Mon cœur s’est mis à battre. Bernard S… le frère de MON amie d’enfance !
Incroyable …. Comment a-t-il retrouvé mes coordonnées 30 ans après ?

Années 60 - c’est l’histoire de petits gosses dont les familles se sont retrouvées dans des cités de banlieue (du neuf/trois dirait-on aujourd’hui) : certaines boutées hors des murs de la capitale pour de vagues prétextes de réhabilitation, d’autres déracinées depuis l’autre côté de la méditerranée, et pour quelques-uns le nouvel Eldorado pour avoir enfin obtenu le logement HLM tant espéré avec « tout le confort moderne ».

Pour assurer la première rentrée scolaire de toute cette nouvelle population, il fallut construire en toute hâte une école en «préfabriqué ». On l’appellerait La Provisoire. La malheureuse a gardé son nom jusqu’à sa démolition. Elle n’a même pas eu le privilège d’être baptisée du nom d’un illustre personnage. Mais c’est pourtant à La Provisoire que l’Aventure a commencé.

Dans cette école, chacun a dû prendre ses repères, faire connaissance. Les amitiés se sont crées.

Mon amie c’était Martine. Nous nous sommes vite trouvées. C’était un coup de foudre d’amitié. Dans ses yeux il y avait beaucoup de tristesse d’avoir dû quitter son pays de naissance. Je pense à sa souffrance et à celle de sa famille et je comprends aujourd’hui à quel point cela a dû être un déchirement de quitter leurs racines. Elle me parlait de son chat Zizou eh oui cela ne s’invente pas. Elle avait été obligée de l’abandonner, non sans avoir au préalable ouvert pour lui une quantité impressionnante de boîtes de sardines afin qu’il puisse subsister un certain temps. A-t-elle gardé en elle toutes ces images ? Je l’ai prise sous mon aile, j’étais en quelque sorte sa protectrice.

Et puis, Jean-Louis le surdoué. Un gentil cancre avec une âme de comédien. Il ne se contentait pas de nous réciter les fables de La Fontaine, il les jouait. C’était un régal et un amusement pour nous tous, car l’enseignement que nous recevions était certes de qualité, mais trop académique, et le moindre grain de folie était le bienvenu.

Chantal ma voisine de table, « la copieuse », et Jean-Yves, Serge, Yves, William, Didier, Joëlle …………..et tous les autres.

Ce petit monde se retrouvait après la classe et les jours de repos au « bac à sable », lieu de rendez-vous incontournable, avec les mêmes jeux immuables : osselets, billes, corde à sauter, marelle. Les autres gosses du quartier se joignaient à nous : Philippe le gros costaud, Didier toujours un peu perdu dans ses pensées.


Puis viennent les années collège et son redouté mais bienveillant directeur Monsieur B. que nous appelions entre nous bobosse. Pour Martine et moi, notre temps se partageait entre les cours et le Conservatoire de Musique. Je suis reconnaissante à mes parents et à la municipalité de l’époque de nous avoir permis de découvrir un univers qui était en principe réservé aux familles nettement plus aisées que les nôtres.

Notre petite vie simple mais très heureuse s’écoule tranquillement jusqu’à une première séparation : Martine choisira les études classiques et moi techniques. Nous ne sommes plus dans le même lycée, nous n’avons plus les mêmes fréquentations et nous nous éloignons l’une de l’autre jusqu’au jour où elle m’annonce que son papa vient d’obtenir une mutation pour le sud de la France, pour retrouver le soleil qui leur manquait tant depuis leur arrivée en métropole.

Je venais de perdre Martine. Une page était tournée.

Années 70, années bac pour certains et pour d’autres départ dans la vie active.
Années d’insouciance, de liberté, où nous avons tout à découvrir. Nous ne nous posons pas de questions. Nous vivons chaque instant. Martine n’est plus là, mais un nouveau cercle se définit. Il y a Fabienne la banquière, Dany et Tweed les deux révolutionnaires, Didier M. le surdoué dans tous les sports et sosie de Julien Clerc, Albert déjà prof, Bernard qui supportait mal l’alcool à l’époque.

Dans le même temps, et pour gagner notre argent de poche, nous devenons moniteurs au centre aéré. Je retrouve Jean-Louis. Mireille est déjà proche de lui. Je fais la connaissance de Claude et Marie-Françoise les petits amoureux de Peynet. Nous sommes heureux de prendre en charge des enfants qui ne partent même pas en colonie et qui n’ont pas eu la même enfance que nous.


Et puis… rencontre avec Yoyo, le Dom Juan qui collectionne les conquêtes. Il ne m’est pas indifférent, mais je feins de l’ignorer étant donné sa très mauvaise réputation. Je fais la connaissance de ses équipiers du club de judo : Andréas, Philippe, Jean-Marc. Nous avons fait une belle fête lorsqu’ils ont remporté la coupe d’Ile de France par équipe.

Dans le même temps, toute cette joyeuse bande se retrouve au club de jeunes. Nous avons eu la chance fréquenter ce lieu chaleureux. Sans oublier les week-end à Dormans ou Port-Mort où nous avons découvert l’équitation, la varape, le canoé, la voile.

Les années passent. Pour Yoyo et moi, les choses deviennent plus que sérieuses puisque nous nous marions le 21 juin 1975. Certains nous suivront dans cette voie. Nous sommes devenus « grands ». Au fil du temps nous perdons notre bande de vue, d’autant que nous décidons de faire le grand saut et de partir nous installer dans le sud de la France.

Une belle page est tournée, mais sans aucun regret ni nostalgie. Nous avons eu une enfance heureuse et une adolescence merveilleuse.


Trente années ont passé, faites de joies et de peines, la vie quoi !! et nous nous retrouvons ce beau soir de janvier 2002 où mon fils me fait part de l’appel de Bernard. Malgré mon trac je m’empresse de le rappeler et là il m’annonce, chose incroyable, qu’une chaîne s’est créée pour retrouver la bande de copains qui a grandi à Dugny en Seine Saint Denis. Et mieux encore : rendez-vous le 30 mars 2002 – salle des fêtes de Louvres. Bien entendu nous serons présents.

Le bonheur et l’angoisse me submergent. Trente années, c’est dingue. Allaient-ils nous reconnaître. Je dis nous car le Yoyo du début est toujours mon compagnon.

Deux mois d’attente avant le jour J. Qui viendra. Le suspense a bien été entretenu par Jean-Louis et Albert, les grands organisateurs de nos retrouvailles.

 


30 mars 2002 – Salle des fêtes de Louvres

Nous arrivons tôt ce jour là car nous avons fait un petit bout de route. Pour rien au monde nous ne voulions manquer ce rendez vous. Jean-Louis, Albert et Serge sont là. Incroyable ! ils n’ont pas changé. Embrassades.

Nous nous rendons à notre chambre d’hôtel pour nous reposer un peu avant le grand soir. On frappe à la porte. J’ouvre. MARTINE est en face de moi. Une incroyable émotion m’envahit. On s’embrasse, on pleure, on se regarde. Je retrouve une femme belle, sûre d’elle, heureuse. Quelle joie ! Nouvelle émotion : Bernard son frère arrive. Embrassades, joie, rires…

On se reprend un peu, on essuie nos larmes, on se refait une beauté car le fard a quelque peu coulé, et nous rendons dans la salle des fêtes.

La soirée des retrouvailles va commencer.

LE CHOC. Nous allons de surprise en surprise. Ils sont tous là. Ils sont beaux. Nous buvons, nous rions, nous chantons. Quelle fête.

Cette trop brève soirée fut un moment de pur bonheur, sans aucune nostalgie. Nous avons vécu un moment unique. Au bout de la nuit, il nous restait la grande envie de nous revoir.
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Les années, l’éloignement, la vie ont fait que j’avais enfoui cette période de ma vie au plus profond de moi. C’était le passé. Il a resurgi un soir de mars. J’ai retrouvé tous mes copains d’enfance et de jeunesse. J’ai compris à ce moment combien ils étaient précieux et importants. Ce que nous avons vécu ensemble à une époque a aussi contribué à faire de moi la femme que je suis devenue.

Nous avons décidé de ne plus couper le fil. Il y aura des suites. Je vais aussi revoir Ma Martine.

En rentrant à la maison après cette fête mémorable, j’ai simplement dit à mes fils que je leur souhaitais de vivre cette expérience dans 30 ans. J’étais incapable de leur donner plus de détails. J’avais besoin de « digérer » tout ce que je venais de vivre.
Un grand merci à Albert et Jean-Louis.

Avec toute mon affection.
Patou

Copyright Patricia L. pour Al bert Labbouz Désespoir Productions

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